(...une corde à linge tendue entre les plis du ciel pour y accrocher toutes sortes d'étoiles filant entre les pages...)

par Citlali, dessinatrice, glaneuse d'histoires en papier

23.7.13

* * ¨

" Mon manteau de paille
chaque matin, je le secoue
et fais s'envoler les lucioles."

Ransetsu

la jonchée

 En travaillant sur les herbes, je commence une petite collection de
 rituels qui la mettent en jeu, parmi eux, la jonchée nuptiale *

Sur le chemin de la maison à l'église, on éparpillait des joncs,
des fleurs, des herbes que le cortège foulait au passage.

Ce rite était aussi détourné pour dénoncer l'adultère ou les liaisons des prêtres.
On traçait alors la nuit un chemin fait de plumes et de haricots, cette fois, ou de
ronces mêlées d'herbes entre les 2 maisons des "fautifs" pour qu'il soit découvert
au petit matin...

15.7.13

Je crois qu'une feuille d'herbe vaut le labeur des étoiles


Un petit projet est en cours, pour un livre qui verra bientôt le jour...
mais cette fois je ne suis pas toute seule, nous sommes 3, et participons au projet 3x3.



L'avancée des travaux de chacune est censée être tenue discrète jusqu'au montage du livre alors je ne livrerai ici que le chemin de pensée qu'on a choisi.
On a voulu se pencher vers ses pieds,
regarder les brins d'herbe
et à partir de là dérouler le tapis...la prairie, le champ,
avec les litanies de Whitman comme sillons de labour en ce qui me concerne...


 "I believe a leaf of grass is no less than the journeywork of the stars,
And the pismire is equally perfect, and a grain of sand, and the egg of the wren,
And the tree-toad is a chef-d'ouvre for the highest,
And the running blackberry would adorn the parlors of heaven,
And the narrowest hinge in my hand puts to scorn all machinery..."   Walt Whitman

"Je crois qu'une feuille d'herbe vaut le labeur des étoiles,
Et que la fourmi est également parfaite, et le grain de sable, et l'oeuf du roitelet,
Et que la rainette est un chef d'oeuvre digne du plus haut des cieux,
Et que la ronce grimpante pourrait orner les salons du ciel,
Et que la plus infime jointure de ma main l'emporte sur toute la mécanique..."



14.7.13

book tout frais

Eh oui, j'ai enfin rafraîchi un peu ce petit book en ligne...(voir aperçu sur la colonne de gauche)
Il s'est surtout enrichi des belles photos d'Elyse dont on voir le travail ici.
Mes petits livres ont pris la pose devant son objectif, les guirlandes ont joué avec les ombres par cette belle après-midi ensoleillée. Merci !

 




                                  

3.7.13

éTé



" Dans un sens, c'est bien ma vie que je joue ici, une vie à goût de pierre chaude pleine de soupirs de la mer et des cigales qui commencent à chanter maintenant. La brise est fraîche et le ciel est bleu. J'aime cette vie avec abandon et je veux en parler avec liberté: elle me donne l'orgueil de ma condition d'homme. Pourtant on me l'a souvent dit: il n'y a pas de quoi être fier. Si, il y a de quoi: ce soleil, cette mer, mon coeur bondissant de jeunesse, mon corps au goût de sel et l'immense décor où la tendresse et la gloire se rencontrent dans le jaune et le bleu. Tout ici me laisse intact. Je n'abandonne rien de moi-même, je ne revêts aucun masque: il me suffit d'apprendre patiemment la difficile science de vivre qui vaut bien tout leur savoir vivre.
Un peu avant midi, nous revenions par les ruines vers un petit café du port.
La tête retentissante des cymbales du soleil et des couleurs, quelle fraîche bienvenue que celle de la salle pleine d'ombre, du grand verre de menthe verte et glacée. Au dehors c'est la mer et la route ardente de Poussière. Assis devant la table, je tente de saisir entre mes cils battants l'éblouïssement multicolore du ciel blanc de chaleur. Le visage mouillé de sueur mais le corps frais dans la légère toile qui nous habille, nous étalons la lassitude d'un jour de noces avec le monde."
Albert Camus, Noces